Distributeur : Haut et Court
Interprètes : Kad Merad, Kacey Mottet-Klein, Sylvie Testud
France – Sortie nationale : 25 avril 2018

Après son deuxième film Les Conquérants, Xabi Molia revient à ses premières amours avec Comme des Rois, une comédie sociale portée par Kad Merad et le jeune acteur suisse Kacey Mottet-Klein que nous avions pu découvrir dans L’Enfant d’en Haut en 2012, un long-métrage pour lequel il avait été nommé pour le César du Meilleur Espoir Masculin.

Comme des Rois raconte l’histoire de Joseph, un arnaqueur de basse envergure qui vit de petites combines pour joindre les deux bouts et éviter l’expulsion du petit appartement HLM dans lequel il vit avec sa famille. Sous la pression d’un propriétaire aux méthodes très persuasives, Joseph entraîne son fils Micka dans son entreprise d’escroquerie pour parvenir à payer son loyer. Le film va donc explorer la relation entre un père qui cherche à protéger sa famille par tous les moyens et un fils qui rêve d’une vie plus grande.

Avec Comme des Rois, Xabi Molia utilise une formule bien connue du cinéma
français, la comédie dramatique avec und dimension sociale. Comme le duo Nakache/ Toledano, Molia fait le choix de la comédie sociale sans pour autant tomber dans la recette. Le réalisateur fait de véritables choix esthétiques quand il filme la banlieue parisienne. Xabi Molia représente une banlieue à la fois générique et singulière dans laquelle l’indistinguabilité des décors sert l’originalité des personnages en permettant au spectateur de s’identifier à eux.

Ce qui fait la force du film, c’est surtout le duo d’acteurs principaux. Kad Merad et Kacey Mottet-Klein forme un tandem père-fils très crédible et restituent à merveille la complexité de la relation entre les deux personnages, à mi-chemin entre amour et haine, fascination et pudeur. Ce duo dresse un portrait émouvant de l’amour souvent muet qui est celui des familles issues des classes populaires. Il faut quand même néanmoins noter que malgré une performance convaincante, Kacey Mottet-Klein passe à côté d’une scène de casting, très importante pour le film, dans laquelle on le sent en difficulté quand il doit jouer une scène de L’Avare.

Malgré tout, Comme des Rois reste une réussite globale et un film qui ne cherche pas à révolutionner le format de la comédie dramatique mais réussit tout de même à rendre ce genre intéressant le temps du long-métrage.             Xabi Molia signe un troisième long-métrage qui filme avec un regard humble une banlieue parisienne qui rêve de la capitale tout en sachant que « Paris c’est loin ».

Benjamin Blandin